mercredi 31 mai 2017

Rioba, Barcelone




Le quartier du Poble Sec est devenu l’un des centres incontournables de la nouvelle cuisine Catalane avec de nombreux nouveaux établissements dans une catégorie très bistronomique. Mois après mois, de nouveaux lieux se créent comme par exemple « Rioba » dans la Carrer de Magalhães.  Ouvert par l’argentin Eduardo Marchesi et Ekaitz Sáenz de Cámara qui lui est basque et qui gère la salle de restaurant. Tous deux travaillèrent à une époque à la « Koska Taverna », un bar à pintxos plutôt connu pour son évidemment son côté basque.


Aujourd’hui c’est donc dans à une nouvelle adresse que vous pourrez venir apprécier leur cuisine et en plus dans un très agréable lieu un peu plus calme. Le nom de « Rioba » signifiant si j’ai bien compris, « verlan », la forme d’argot français mais ici en Espagne.


Une salle en longueur avec la cuisine-comptoir sur la gauche, murs de briques et parfois couverture de plaques blanches, aménagement contemporain avec chaises et table de bois et un joli éclairage au plafond.

A l’entrée, un surprenant fauteuil rouge qui probablement est plus décoratif qu’autre chose ou alors placé comme une invitation à s’asseoir dans un coin avant de passer à table.


Seconde salle au fond après une marche, un peu plus en retrait et très joliment éclairée avec des lumières au sol qui projettent sur les murs de briques.



La cuisine sépare donc ces deux salles, avec une équipe plutôt bien en place compte tenu de la petite superficie des plans de travail.





La carte est plutôt astucieuse avec une très jolie sélection d’assiettes inspirés parfois par le pays basque mais aussi par la catalogne ou d’autres créations du moment. Des produits de saison, une cuisine de marché qui semble être des plus gourmande et qui ne se laisse pas emprisonner dans un style. En faisant notre choix, nous voici déjà amené un petit toast à base d’une préparation de poisson et de quelques condiments sur le dessus comme oignons rouges et ciboulette.


Nous choisirons pour commencer des raviolis « Txangurro » qui signifie au crabe. Une pâte fine, une farce goûteuse et une sauce un peu genre bisque mais avec une saveur de piment piquillo. A l’origine une recette probablement basque qui est un crabe farci, mais ici la coque est remplacée par une pâte aux œufs maison, avec cette farce de crabe. Ce ravioli ressemble plutôt à un petit coussin, la sauce et une goutte d’huile d’olive pour terminer l’assiette.


Nous poursuivons avec un excellent os à moelle et crevette rouge. L’os est en longueur, passé au four, avec un peu de ciboulette. La crevette rapidement grillée et déposée sur le dessus. Très agréable association de saveurs.


Comment résister à ce plat en suggestion, le délicieux ris de veau juste poêlé accompagné de betteraves et de feuilles d’épinard. Assiette simple mais essentielle et pleine de saveurs.


Le parfaitement cuit poisson du jour poêlé et accompagné de pois mange tout, tomates cerises et carottes nouvelles.


La côte de porc Celte cuite à basse température, 53 degrés. Il s’agit d’une race de porc typique du nord-ouest de la péninsule Ibérique (Galice), mais en réalité Espagnol mais d’origine lointaine nordique. Tendre et savoureux, accompagné de patates douces sautées et de brocolis.



Et pour terminer, en dessert, un Torrija de Santa Teresa. Une brioche faite maison, poêlée comme un pain perdu, accompagnée d’une glace au PX. Il s’agit en fait de Pedro Ximenez, glace réalisée avec lait, crème, vinaigre de Jerez, œufs, sucre et probablement miel. Les deux se marient magnifiquement bien.


Une première bouteille de Malvoisie El Grifo de Lanzarote avec des notes de fruits tropicaux, parfait pour les premières assiettes.


Suivi de deux vins dont le choix retenu fut un Rioja Perez Apunte de cata, avec un cépage tempranillo, des arômes herbacés.


Voici un bel endroit où l’on privilégie le produit de qualité et non des artifices souvent trop nombreux comme des saveurs asiatiques mal dosées qui dénaturent justement le produit. Des assiettes vraiment bistronomiques et gourmandes, un accueil souriant, un lieu reposant et très agréablement rénové.

mardi 30 mai 2017

Celler Cal Marino, Barcelone




Quelle superbe bodega que celle-ci, située dans le quartier de Poble Sec. Encore un lieu bien caché et pas trop connus des touristes, jusqu’à présent… « Celler Cal Marino » est bien une bodega mais au sens propre du terme avec vente de vin et consommation de tout alcool et nourriture sur place.  Ancien garage reconverti, voici un lieu idéal pour une soirée ou un début de soirée, tout dépend de vos plans. Une petite entrée illuminée, quelques personnes qui fument sur le trottoir.


Un couloir, quelques tables le long des murs de briques, on peut s’y installer mais le fond de salle est probablement plus agréable mais évidemment tout dépend de la fréquentation.


Sur le mur le long de ce couloir, la listes des tapas et sur la gauche les casiers à bouteilles où vous pourrez venir vous approvisionner ou même consommer sur place l’une des bouteilles. A savoir que les prix sont affichés et que ceux-ci sont majorés de 5 euros pour une dégustation dans la cave elle-même.


Au fond quelques tonneaux autour desquels l’on s’assoit avec les consommations que l’on ira chercher au comptoir juste en face.



On s’approche donc du comptoir et s’aperçoit que derrière les vitrines se trouvent un certain nombre de tapas à l’aspect plutôt attirant. On ne boit pas ici que du vin mais aussi des bières de micro-brasseries, des cocktails et toute sorte d’autres alcools.


Un peu derrière, ce qui pourrait être considéré comme étant la cuisine avec découpes de charcuteries, fromages et préparation d’autres petites assiettes. Par exemple, du boudin et pommes, des croquettes au fromage du pays basque ou Navarre, Idaziabal avec des coings, d’intéressantes croquettes au gorgonzola et poires.



Assiettes décrites aussi sur une ardoise au-dessus d’une armoire réfrigérée. Fruits de mer, fromages, plats chauds et mêmes des desserts.



Dans les fûts au-dessus du comptoir, des vins au détail, doux ou non et même du sherry ce qui est un peu moins fréquent en Catalogne.


Des vins au verre, du vermut et deux bières du moment avec une IPA Excitrados de la Holz Brau et une Populus Pale Ale produite en collaboration avec Lupulus Cervezas Artesanas de Saragosse.


Cela sera pour démarrer une bière et un verre de vermut.


Une spécialité et presque une découverte, des pommes de terre enrobées de sel que l’on trempera dans des sauces. On trouvera aussi ici d’excellents sherry comme par exemple l’excellent Oloroso d’Emilio Hidalgo.



Un superbe endroit comme je l’ai déjà mentionné pour un simple verre ou quelques tapas dans un endroit plein de charme, un service amical, des serveurs passionné et qui veulent contenter tout un chacun.

samedi 27 mai 2017

El 58, Barcelone




Ce n’est que rarement que je vais manger dans le quartier de Poble Nou, quartier moins connu et fréquenté par les touristes mais qui a son charme. L’axe principal étant sa rambla, artère probablement la plus commerciale et sociale. Bordée d’arbres, de terrasses et de cafés, l’occasion de flâner et d’observer la vie plutôt paisible de ce quartier. C’est ici que j’ai découvert une très belle table de tapas dans un endroit plein de charme. Pas vraiment ce que l’on appelle « table à tapas » bien classique mais plutôt des tapas réactualisés de manière très ingénieuse.


L’établissement s’appelle simplement le «El 58 », comme le numéro de la rambla où il se trouve. De l’extérieur, rien ne laisse supposer qu’il s’agit d’un établissement avec une salle dans le fond car l’entrée donne sur un petit bar avec une ou deux tables hautes. A noter que le nom de l’établissement est également inscrit en français et que je ne serais pas étonné qu’il y ait une raison à cela. Aussi, sachez qu’il n’y a pas de terrasse et c’est tant mieux.


Un bar avec une série de bouteilles, une petite porte qui donne sur un couloir, un passage à côté des cuisines et vous voici dans la salle principale de l’établissement.




La décoration de l’endroit est exactement comme je l’aime, un côté « shabby-chic » avec des murs de briques pas vraiment restaurés, d’ancienne affiches sur les murs, de grandes poupées rouges abandonnées sur des conduits métalliques au plafond, des lumières industrielles et quelques tableaux d’artistes contemporains.





Et plus loin une seconde salle ou plutôt une cour qui aurait été aménagée en espace épicurien au lieu de rester un atelier.



Les bouteilles sur un établi qui officient en tant que carte des vins. On se lève...contemple les flacons et choisis. Des vins soigneusement sélectionnés avec également quelques vins français.




Le service est ici jeune, enthousiaste, agréable et motivé, connaissant les plats et composants.

Ici la carte, c’est un menu de suggestion sur une ardoise et c’est vraiment une très belle liste de plats qui sont proposés ; originaux, à première vue gourmands et avec de la recherche. Une des ardoises étant en français, je suspecte que quelqu’un soit Français dans cet établissement. Des assiettes certaines classiques mais aussi quelques belles surprises avec des vues sur la France et l’Asie.


Le traditionnel pain à la tomate, pour une fois bien toasté avec un filet d’excellente huile d’olive.


Une assiette d’aubergines frites au miel et romarin. Ce n’est pas la première fois que je trouve ce plat sur la carte d’un établissement à Barcelone, l’une des tapas typiques du sud de l’Espagne.  Peut-être ici un poil huileuses.


Très belle surprise avec ces délicieux couteaux poêlés accompagnés de fines lamelles de pommes granny Smith, de grenade, d’orange, d’une sauce verte style pesto, du fenouil et des salicornes. Une assiette d’une grande fraicheur, très actuelle, soignée et plutôt peu habituelle dans les établissements à tapas.


De surprise en surprise, voici un carpaccio de morue au visuel très agréable et coloré. On y trouvera de la tomate, des salicornes, de l’olive broyée, de la grenade, des œufs de poisson et étonnement des fraises. C’est une très belle assiette pleine de fraicheur comme d’ailleurs la précédente.


Mais cela ne s’arrête pas là car le ceviche de noix de saint jacques et crevettes rouges est lui aussi subliment présenté, toujours avec autant de fraicheur et de couleurs. Le lait de tigre a quelque chose d’un peu péruvien, c’est vraiment excellent. Et j’oubliais le sorbet citronné sur le dessus…


Un plat chaud avec le ventre de thon frais à la braise, asperges nouvelles et sauce romesco. Parfaitement snacké, de petites asperges vertes encore croquantes, un léger fond de sauce er la romesco à côté. A nouveau ce plat est vraiment cuisiné parfaitement.


Et un magnifique dessert avec de la menthe, des myrtilles, des framboises, de la grenade ; en fait un riz au lait absolument parfait.


Egalement cette légère réinterprétation de la crème catalane mais dans une coupe, siphonnée, et en strates. C’est un autre délicieux dessert.        
    

       
Avec ce repas, une bouteille de blanc Mas d’en Pol 2016 de Terra Alta. Du grenache comme cépage des arômes de noisettes et amandes.


En voilà une de très belle adresse où l’on se donne beaucoup de peine pour aussi bien faire plaisir à une clientèle classique qui ne cherche que des assiettes catalanes avec de beaux produits, mais aussi ceux qui recherchent un peu de plus de créativité, de la fraicheur, de l’originalité dans les assiettes. L’endroit est des plus agréable, l’ambiance décontractée et épicurienne, une très belle adresse à Barcelone.