samedi 12 avril 2014

Le Bistrot des Clercs, Valence



De passage par Valence à l’heure du déjeuner, j’avais pointé une adresse dans un livre de cuisine sur les bistrots de France en plein centre-ville. « France Bistrots» de Gilles Pudlowski, un très joli ouvrage avec des recettes classiques et surtout de belles photos sur ces lieux d’une autre époque.

N’étant jamais vraiment allé à Valence centre, c’était l’occasion de faire connaissance de cette jolie petite ville et également de découvrir le bistrot de Michel Chabran à quelques pas de la cathédrale et de la célèbre « Maison des Têtes ». Aujourd’hui comme il fait grand beau, la terrasse en face de cette jolie maison sur un coin de la Grand Rue est ouverte, mais nous préférons le charme de cette brasserie qui certes ressemble à un grand nombre d’établissements parisiens.



Une devanture boisée, l’ardoise qui affiche les mets du jour et nous voilà entrés dans cette jolie salle aux murs couleur soleil, ces tables et chaises si typiques de ce genre d’endroit, ces lampes aux plafonniers en forme de boule. Quelques gravures du passé avec des marques comme l’eau Vittel mais aussi quelques anciennes photos de course de voitures avec d’ancien modèles BMW.



 
Le comptoir lui n’est pas en reste ; naturellement en bois avec un plateau de marbre et derrière les verres et alcools sur des plateaux vitrés.


Assis à notre table recouverte d’une nappe blanche nous lorgnons aux propositions du jour et nous nous mettons d’accord sur le menu carte à 31 euros tout en grignotant une tranche de saucisson sympathiquement apportées en préambule.



Un pot de côte du Rhône de la maison Colombo est c’est parti avec nos entrées.

 
Une terrine de pintade maison, compotée d’échalote au cassis, pain toasté. Belle terrine bien goûteuse, pas sèche ce qui est un peu souvent le cas quand c’est réalisé avec de la volaille, mais ici les saveurs sont élégantes. Un mesclun frais et du pain croustillant pour accompagner le tout. La compotée apporte une touche aigre-douce a cette terrine qui s’avère être excellente.


Une pointe de déception avec mon velouté d’asperges vertes, ravioles et quenelle de crème fraiche au basilic. La crème manque singulièrement de goût ou je devrais dire que le goût d’asperge est un peu trop timide. Probablement que le rapport avec la quantité de pomme de terre n’est pas bien équilibré. Au fond quelques bonnes ravioles et une cuillère de crème fraiche.


En plat principal, une bavette d’aloyau « black Angus » aux échalotes, jus a la syrah, pommes sautées lyonnaise. La viande est tendre, la sauce bien équilibrée sans être trop vineuse, les pommes de terres sautés de manière classique. C’est bien réalisé, sans surprise.


Pour moi le pavé de merlu à la plancha, caviar d’aubergine, tomates à la provençale, l’huile d’olive condimentée. Le poisson est bien cuit, les aubergines bien assaisonnées, plus proche d’une sauce que d’un caviar, les petits légumes qui accompagnent sont légèrement trop cuits.


En dessert un pavé au chocolat Valrhona, crème anglaise sans histoire quoiqu’un peu compact, pas de vrais goût vanillé pour la sauce  et pour moi un Paris-Brest réinterprété à la framboise et barbe à papa.  


La pâte à choux est correcte, la crème framboise amène de la légèreté mais la couche de sucre glace teinté rose donne un côté trop bonbon au tout. La barbe est là pour le côté ludique.


Le service fut un peu lent avec un certain manque d’efficacité. Anecdote amusante…nos voisins de tables sont allés colporter notre remarque en chuchotant à l’oreille de l’un des serveurs, ce qui nous a valu deux cafés offerts et quelques excuses. Geste tout à fait commercial.


Quelques mignardises pour terminer ce repas dans un bistrot correct, avec une cuisine sans trop de brio mais qui mérite le détour si vous vous trouvez au centre-ville.